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Compte-rendu réunion 2 - 17 juin 2008

Présents : Michel Rouah, Jacques Remond, Chantal Bruneau, Arnaud Trenta, Isabelle Foucher.

Retours et contributions depuis notre dernière rencontre

Les retours de Michel Rouah ont été intégrés au dernier compte-rendu.

Jacques Remond a proposé une note de travail (cf. mail du 3.06), qu’il présente aux participants. Il invite à nous poser trois questions :
- Comment les associations peuvent-elles contribuer à favoriser l’accès de tous aux espaces publics (lieux publics ?)
- Comment peuvent-elles favoriser l’accès de tous à l’espace « primaire » du projet associatif partagé, de l’apprentissage du collectif ? (parole collective)
- Comment peuvent-elles permettre à tous d’être entendu dans la sphère du débat public (parole publique)

Isabelle Foucher a lu plusieurs articles de Marion Carrel :
- La notion de « parole publique » est peut-être plus adaptée à ce que nous voulons étudier.
- Nos travaux se rapprocheraient de la notion d’empowerment (traduite parfois par « capacitation ») qui a un double sens : « l’organisation autonome des pauvres, immigrés et autres « sans voix » en une force politique, et les politiques publiques visant à développer leurs capacités à prendre la parole » (M. Carrel). Deux dimensions : « acquisition de pouvoir et processus d’apprentissage pour y accéder » (M. Carrel)

Arnaud Trenta a également lu plusieurs articles et fait part de son expérience de recherche dans le cadre du programme PICRI. Il évoque notamment une association de lutte contre les violences faites aux femmes, qui constitue un espace d’accueil et d’accompagnement. Néanmoins, il a constaté que les personnes qui prenaient la parole dans l’espace public n’étaient pas ces femmes elles-mêmes, mais les dirigeants des associations qui défendent leurs adhérents. Plus généralement, il évoque les parallèles avec l’étude PICRI et les complémentarités possibles.

Discussion

On considère donc l’espace associatif comme privé mais comme potentiel espace de passage vers l’espace public : il constitue en effet un lieu de construction d’une parole collective qui, relayée vers l’espace publique, devient parole publique. Sur ce processus, les participants s’interrogent en effet sur les capacités des associations à relayer la parole de personnes qui sont exclues des canaux de participation civique et politique traditionnels. Plusieurs questions se posent :
- est-ce que les associations ont conscience des personnes exclues de leurs champs d’action et comment vont-elles les chercher ?
- les personnes concernées sont-elles associées à la construction d’une parole collective ? Si non, pourquoi ? et si oui, comment ? quels outils les associations peuvent-elles mettre en œuvre dans cet objectif ?

Il y aurait donc deux processus sur lesquels le groupe se pencherait :
- d’une part le mouvement, ou l’attraction, du citoyen vers l’association
- d’autre part le mouvement de l’association vers l’espace public. Plus généralement, partant des citoyens, on se demande donc quel est le rôle de l’intermédiaire que peut constituer l’association dans la construction d’une parole collective et son relais vers l’espace public.

Les participants proposent d’étudier ces deux processus en allant à la rencontre d’associations œuvrant dans différents domaines. Plusieurs champs, correspondant à de grandes problématiques de société, ont été identifiés :
- éducation
- emploi
- logement
- éducation populaire
- santé / prévention des risques / toxicomanie
- association de quartier / fêtes de quartier
- centre social
- cadre de vie / urbanisme
- régie de quartier / insertion
- discriminations
- régie de quartier
- insertion professionnelle

Nous choisissons volontairement des types d’associations très différents afin d’identifier des éventuelles transversalités et points communs dans leur approche.

Par souci de diversité, nous devrions choisir des associations œuvrant à différents niveaux de l’espace public (niveau local, régional, national), voire à plusieurs de ces niveaux afin de voir comment ils s’articulent. De plus, nous considérerons des associations qui sont fédérées ou en collectif, afin d’identifier le rôle des réseaux dans le relais et la visibilité de la parole publique, mais aussi dans la mutualisation des démarches.

Notons que pour commencer les travaux, nous mettons un peu de côté deux aspects abordés dans la note de problématique, et lors de notre première réunion : d’une part la place des associations dans les processus participatifs et d’autre part, la question de l’accès à l’espace public géographique. Mais ces éléments apparaîtront dans le guide d’entretien et notre méthode devrait nous permettre de les recroiser par la suite.

Cette enquête devrait plus généralement nous apporter des éléments de réponse aux questions suivantes : pourquoi favoriser l’accès du plus grand nombre à l’espace public ? Pour quelle efficacité ? Quelle est la place des habitants et usagers dans les projets associatifs ?

Conclusions et calendrier

Notre recherche se déroulerait donc en deux temps : enquête auprès d’associations identifiées et rendu de l’enquête au cours d’un séminaire. Cette recherche pourrait se poursuivre par la mise en évidence des principes utilisés pour réaliser l’objectif qui serait présenté au cours d’un deuxième séminaire ou colloque plus ouvert.

Le calendrier est ensuite ainsi fixé pour la première étape :
- Septembre-octobre 2008 Deux réunions de notre groupe : les 10 septembre et 15 octobre. (Validation de la démarche, identification des associations à rencontrer, élaboration du guide d’entretien, répartition des entretiens entre les membres du groupe...)
- Novembre-décembre 2008 (10-15 entretiens auprès d’associations, réalisation d’une note de synthèse pour chacun)
- Janvier-février 2009 (Réalisation d’une note de synthèse de l’ensemble des entretiens, deux réunions de préparation du séminaire)
- Mars 2009 : séminaire de restitution - débat

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