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Note de présentation- octobre 2008

- Le thème de travail au forum « Associations, acteurs publics »

Le forum a fait émerger de nombreux questionnements autour des conditions d’accès des citoyens à l’espace public. L’association est en effet un moyen d’intervention citoyenne en permettant la construction d’une parole et d’une compétence collectives. Elle peut donc ainsi être un outil essentiel du lien entre action publique et citoyens, et contribuer à une action publique en prise réelle sur les réalités sociales.

- Contexte de la réflexion

Aujourd’hui, cette fonction doit faire l’objet d’une réflexion approfondie, pour au moins deux raisons :

D’une part, dans le contexte actuel de développement de procédures dites « participatives » (débats publics, conférences de consensus, jurys citoyens, Comité d’Initiative et de Consultation d’Arrondissement (CICA), conseils de quartiers, etc), la question de la légitimité de cette fonction de l’association se pose avec une acuité particulière. En effet, ces dispositifs, dans le but d’organiser une concertation/participation, se tourne généralement vers le citoyen, l’habitant, le recueil de « points de vue » individuels. « Que représente l’association ? », « Quels citoyens regroupe-t-elle ? », « Qui sont ses responsables ? », sont par exemple des questions que se posent les élus souhaitant organiser une concertation mais ne sachant pas quel statut accorder à telle ou telle parole associative. En outre, on sait aussi que la participation associative est plutôt l’apanage des classes moyennes et peut reproduire les inégalités d’accès des citoyens à l’espace public constatées dans la participation politique en général. Ainsi, si on n’y prend pas garde, l’association peut constituer un écran à la parole de citoyens, ce qui risque d’entraîner la constitution d’une « élite participative », renforçant les inégalités d’accès à l’espace public. Comment situer la parole citoyenne associative en complémentarité, et non en concurrence, avec la parole de citoyens, dans ces dispositifs ? Comment éviter que les associations ne soient un outil privilégié des classes moyennes, d’une « élite participative », elle-même parfois en déconnexion des réalités sociales ?

D’autre part, au-delà du rôle des associations dans ces dispositifs, cette question concerne plus largement l’accès à l’espace public pour les populations qui en sont exclues. Sur ce thème, l’association constitue souvent le relais de paroles qui, sans elle, ne trouverait pas de canal d’expression. Depuis les années 1970, de nombreux mouvements se sont ainsi constitué dans l’objectif de faire entendre la parole des « sans-voix », des personnes en situation d’exclusion, de discrimination, ou porteuses d’identités « particulières ». Comment se construit une capacité d’expression et d’action collective des populations dites « en marge » ?

- Questionnement initial

Ainsi, le rôle de l’association dans l’accès des citoyens à l’espace public peut être ambivalent :
- Synonyme d’ouverture et élargissement à la participation de citoyens par ailleurs écartés de l’espace public
- Ou écran à cette participation et outil privilégié de catégories particulières de citoyens…

C’est à cette ambivalence qu’il convient de s’intéresser, en se posant une question essentielle : Quel peut-être le rôle des associations pour permettre une présence accrue des citoyens dans l’espace public ?

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