
Espace public / espace privé, biens publics / biens privés, engagements individuels / actions collectives, développement personnel / développement social, intérêts particuliers / intérêt général, …
Ces équilibres fondamentaux de la construction d’une société et de la capacité de ses membres à vivre ensemble sont aujourd’hui en pleine mutation et, de ce fait, fragilisés.
Face aux enjeux de la mondialisation, l’Etat et les institutions nationales sont en perte d’efficacité, donc de crédibilité, voire de légitimité et, pour sa part, l’Europe n’est pas encore à même d’offrir un espace de sécurité identitaire et d’action collective apte à compenser cette perte. Ainsi s’aggravent les sentiments d’insécurité et les peurs que génère l’idée même de mondialisation au détriment de la capacité d’en saisir les opportunités.
La crise de la protection sociale et des mécanismes de solidarité, aggravée par la persistance du chômage, la montée des inégalités, la panne de l’ascenseur social, la fragmentation et l’exclusion sociales, diminuent la cohésion de la société, la solidarité entre ses membres et sa capacité à faire face aux nouveaux risques.
Faute de trouver dans l’espace public le lieu de leur satisfaction, les attentes individuelles de reconnaissance, d’appartenance et de sécurité (politique, économique et sociale) portent en germe tout autant la dissociation que l’association, l’exclusion de l’autre que la solidarité. Dès lors s’aggravent les facteurs dissolvants de notre culture civique, la défiance à l’égard des autres, des règles et des institutions du vivre ensemble, le chacun pour soi, la complaisance à l’égard de la fraude et les comportements d’incivilité.
Ces éléments de délitement de notre tissu social grèvent de plus en plus nos capacités collectives à construire notre avenir commun.
Dès lors, faire société est bien une urgence vitale pour notre pays. C’est aussi un défi crucial pour les associations, défi auquel la Fonda souhaite apporter sa contribution.
Nombre d’associations se sont développées dans le prolongement et avec l’appui de l’État, elles ne sont pas à l’abri des dérives qu’induit le mode de fonctionnement de celui-ci, notamment sa rigidité procédurale. Le monde associatif n’est pas exempt des risques de replis corporatistes et de dérives bureaucratiques dont souffre souvent l’action publique. Le retrait de l’Etat crée une nouvelle donne. L’émancipation des associations vis-à-vis de l’Etat est pour elles une opportunité de revitalisation.
De même, le développement croissant d’activités associatives dans le champ concurrentiel produit des effets de banalisation, où le projet social initial risque de se subordonner à son économie. Des organisations perdent alors le sens de leur action, au prétexte des contraintes de gestion. Les associations ont à apprendre à conjuguer rigueur de gestion et fidélité à leurs valeurs.
En outre, hors des champs traditionnellement investis par l’action publique et hors des structures d’organisation et de représentation associatives établies, des associations nouvelles émergent avec d’autres raisons d’engagement, d’autres territoires d’investissement, d’autres modes d’organisation et de fonctionnement. Le monde associatif est en perpétuelle recomposition. L’ancien et le nouveau s’y côtoient sans toujours se comprendre. C’est au sein du monde associatif qu’il faut retisser des liens et créer des synergies.
La Fonda cherche à prendre la mesure des réalités du monde associatif d’aujourd’hui autant que des transformations de son environnement, et tente de préparer ainsi les démarches aptes à l’aider à relever le défi qui lui est lancé. Cela implique :
d’accompagner et impulser, au sein du monde associatif et dans son environnement, des changements culturels et la construction d’une intelligence prospective que requiert la compréhension du monde qui vient ;
de développer les espaces de rencontre et de fertilisation croisée entre le monde associatif et le monde de la recherche ;
de favoriser l’ouverture du monde associatif aux autres dynamiques de la société civile, du monde économique et politique ;
d’aider à dépasser les oppositions qui divisent les acteurs associatifs pour imaginer les nouveaux outils de la transformation sociale à partager ;
de valoriser la capacité des initiatives citoyennes collectives à promouvoir une société de confiance et de dynamismes individuels et collectifs.
Notre projet, notre (...)