Vous êtes ici : Accueil  / Ressources  / Chantiers archivés  / Axe 2 : Contribution économique / Note de problématique
Note de problématique
CONSTRUIRE LE DIALOGUE

L’évolution de la société convoque les syndicats et les associations ; pour les uns et pour les autres, il y a urgence à identifier les questions propres à engager une véritable transformation sociale.

Un des aspects les plus évidents de cette évolution est la place prise aujourd’hui par le travail. Auparavant, le travail était identifié dans sa durée, son lieu, sa technicité. Actuellement le travail, de plus en plus composite, a tendance à envahir un champ beaucoup plus large. Le travail à distance, l’ordinateur portable et le téléphone mobile, les horaires décalés dans la journée rendent pour beaucoup le travail envahissant et beaucoup plus difficile le départ entre temps de travail et temps de loisir. De sorte que la réflexion sur le travail amène à prendre en compte ce qui l’accompagne, l’entoure et le permet : les gardes d’enfant pour des horaires décalés, le transport, le logement et aussi les moyens de la formation et de l’accompagnement pour répondre aux exigences de mobilité de l’économie en changement et restructuration permanents. La stricte répartition entre sphère du travail et sphère hors travail s’efface et les différents acteurs sociaux sont amenés progressivement à se pencher sur l’ensemble des conditions de vie et de travail des salariés qu’ils soient au travail ou hors travail.

Ces recouvrements de temps et de conditions de vie entraînent à la fois les syndicats et les associations à élargir leur champ de réflexion et d’intervention et, de ce fait à se retrouver dans des domaines où leurs actions sont complémentaires quand ils ne se trouvent pas affrontés aux mêmes questions dans des commissions officielles diverses et variées. Dès lors, se posent aux uns et aux autres des problèmes de légitimité et de représentativité à s’orienter vers une vision transversale qui les amènent au-delà de leurs compétences traditionnelles légitimes.

D’autre part, la personnalisation croissante des individus transforme leurs aspirations et leur positionnement dans l’engagement collectif. Ils désirent que cette adhésion leur serve personnellement, pour y trouver leur propre épanouissement. Il s’agit donc pour l’action collective, de concilier ces aspirations légitimes avec une visée plus large et de portée plus transformatrice au bénéfice de populations qui ont besoin de défense et d’appui.

• Comment déboucher sur des points de contact entre acteurs associatifs et syndicaux ? • Comment pouvoir rendre conscient chez les adhérents actuels ou potentiels l’objectif de transformation des conditions de la vie en société qui ne peut être qu’à long terme, alors que la motivation première de l’adhésion est l’intérêt personnel immédiat qu’ils peuvent en retirer ?

Deux sujets notamment nous semblent devoir réunir les préoccupations à la fois des syndicats et des associations : les services à la personne et les réponses à la mobilité des salariés.

Les services à la personne considérés comme un élément important de la création d’emplois créent des problèmes nouveaux. Ils n’évitent en effet ni le travail partiel non désiré, ni les très bas salaires, ni les besoins de garde d’enfants, de formation… La mobilité crée des besoins de logement, d’accueil, de formation, d’accompagnement, de services, de sécurité professionnelle. Elle suscite notamment des urgences en matière de statut, de rémunération et de classification. Sur ces différents champs syndicats et associations sont investis selon leurs types d’intervention.

Une telle réflexion s’impose en prenant en compte dans une vision transversale l’implication de ces deux acteurs majeurs dans l’évolution de la société. Il faudrait ensuite analyser comment les uns et les autres, syndicats et associations y sont confrontés, quelle vision commune peut se dégager, comment peuvent-ils s’y impliquer et quelles méthodes de concertation et de coopération peuvent être mises en œuvre. Il ne s’agit évidemment en aucune façon de se substituer aux instances de négociations habilitées mais de rechercher et de produire des analyses communes devant conduire à des politiques et des stratégies voisines et complémentaires sur des points capitaux pour le devenir de nos concitoyens.

Par Jacqueline Mengin.


18.03.08

Ajouter un commentaire

©Copyright 2012 - http://www.fonda.asso.fr, tous droits réservés
Fonda Association : 18, rue de Varenne - 75007 Paris - Tél : 01 45 49 06 58 - Fax : 01 42 84 04 84 - Email : fonda@fonda.asso.fr