L’université d’automne a marqué le point d’orgue de la démarche stratégique engagée en 2010. Elle a permis une réelle clarification des enjeux, des risques et des opportunités auxquels est confronté le monde associatif, mais elle a du coup suscité une forte attente à l’égard de la Fonda. C’est à cette attente que cherche
à répondre ce programme d’action.
Les enjeux
La vie associative se trouve à l’intersection de trois grandes mutations venues de plus loin et de plus profond que la crise économique et financière, mais accélérées par elle.
Les besoins sociaux, éducatifs et culturels de la société changent dans la même mesure que changent la population, la démographie, la famille, les parcours de vie. Les individus subissent certaines de ces mutations, notamment dans le monde économique, mais ils en sont aussi les acteurs : ils modifient leurs comportements, ils reconsidèrent leurs aspirations et leurs attentes. Ces transformations impactent profondément les motivations et les conditions de l’engagement, du bénévolat, de l’usage du temps libre. La réflexion que nous animons sur les transformations du monde associatif est donc en réalité une réflexion sur les attentes et les besoins de la société.
La démocratie n’est plus une idée neuve, mais elle reste un idéal vivant, à la fois changeant et menacé. Alors que les institutions publiques peinent à se renouveler, des formes et processus démocratiques germent dans le monde associatif à travers le plaidoyer, la désobéissance, le contournement des inerties institutionnelles, la recherche d’alternatives. Mais toutes ces innovations n’arrivent pas à maturité et elles ne fécondent pas, tant s’en faut, la totalité du monde associatif. Il faut appliquer le même questionnement au rôle des associations dans le renouvellement de la démocratie qu’au renouvellement de la démocratie associative elle-même.
La prise du pouvoir par le capital financier sur l’ensemble de la société, révélée et remise en cause par la crise produit des effets de désinstitutionalisation, de destruction du lien social non seulement dans le champ du « social » au sens traditionnel, mais aussi dans l’ensemble du secteur public et dans les entreprises elles-mêmes. La restauration de ces institutions issues de l’époque du fordisme et de l’Etat-providence n’est plus possible. C’est dans ce contexte que la capacité d’innovation de l’économie sociale et solidaire est appelée à jouer un rôle de premier plan, à condition que celle-ci surmonte ses faiblesses structurelles : fragilité des modèles économiques, médiocrité des emplois, etc.
Les enjeux décrits ci-dessus se croisent nécessairement, en de multiples points. Les travaux 2012 seront mis en place selon trois types d’action : éclairer l’actualité ; faire levier ; poursuivre la veille prospective
Eclairer l’actualité
Faire Levier
Se projeter

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