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Rapport d'activités 2007
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Introduction
2007, une année de transformation

Elle a suscité une forte mobilisation de l’électorat, semblant mettre fin à près de cinquante ans de diminution progressive de la participation électorale, signe d’une perte de confiance des Français envers les élus politiques et les institutions publiques de manière générale. Qu’en restera-t-il ? Cette inflexion, en effet, n’a pas trouvé sa confirmation dans les élections suivantes (législatives et municipales). Et on peut se demander si, pour les trois candidats arrivés en tête au premier tour de l’élection présidentielle, se présentant tous en rupture avec l’héritage de leurs propres camps, leurs suffrages n’étaient pas en partie l’expression d’un refus plutôt que d’une adhésion. Nous n’en avons pas fini avec une société de défiance.

La défiance des politiques trouve un contrepoint dans la confiance exprimée envers les associations, y compris pour proposer des solutions en faveur de l’intérêt général, comme l’atteste le sondage de l’institut Csa réalisé pour la Fonda, le Cevipof et le journal Le Parisien - Aujourd’hui en France1. Les signes d’une transformation ou plutôt du désir d’une transformation de la et du politique persistent. C’est pourquoi ce fut en 2007, un des principaux chantiers de la Fonda.

Cette demande de renouveau a trouvé son expression dans de nombreuses mobilisations citoyennes, plus ou moins sauvages, i.e. hors des canaux établis pour les canaliser, comme par exemple celles des Enfants de Don Quichotte2, de Jeudi Noir3 ou encore de Macaq4, qui luttent pour la résolution des problèmes de logement. Nous pouvons aussi citer l’originalité de l’action du Réseau éducation sans frontières5 qui a suscité mobilisations et débats jusqu’au cœur de l’institution scolaire. Elle a été aussi portée par les institutions associatives, qui se sont réunies à l’initiative de la Cpca6, le 20 janvier, au Palais Brongniart pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle.

En fait, la vie associative bouge et est au cœur de la plupart des dynamiques sociales qui transforment la société, à partir de l’engagement librement consenti de millions de femmes et d’hommes, pour plus de justice, de solidarité, de démocratie, mais aussi de développement économique. Ce dynamisme de la société civile peut toutefois aussi s’exprimer dans des projets où la volonté d’agir et de bien faire peut revêtir des formes contestables, comme par exemple avec l’Arche de Zoé.

À la Fonda, nous savons que ce n’est pas nouveau et qu’il s’agit d’un savoir- faire séculaire propre à cette forme si particulière de construction de la société : « le fait associatif », qui permet d’agréger sur une base désintéressée les énergies et les volontés des citoyens.

Par essence, les associations suscitent et vivent les mutations de notre société. C’est l’objet de la Fonda de l’analyser et le faire comprendre. Nous devons nous demander alors quels sont les événements de cette année 2007 qui, dans les prochains mois et années, se révèleront être le terreau de nouvelles dynamiques associatives ou au contraire de nouvelles difficultés, et qui de toute manière infléchiront les modes de fonctionnement des associations, et qui mobiliseront notre capacité de recherche et de propositions. Nous pouvons déjà repérer :

• l’élargissement croissant des marchés et des espaces de régulations socio-économiques7 avec des effets mal maîtrisés sur les politiques nationales d’emploi et de justice sociale ;

• le « mini-traité » signé à Lisbonne qui comprend des avancées significatives pour l’expression d’une citoyenneté européenne (droit d’initiative citoyenne, reconnaissance du rôle de la société civile…) ;

• l’affirmation d’un web 2.0 caractérisé par quelques principes clés : le web comme une plateforme, les données comme « connaissances implicites », les effets de réseau entraînés par une « architecture de participation », des modèles économiques réduits grâce à la syndication de contenus et de services... ;

• l’affirmation comme priorité politique des enjeux écologiques (lutte contre le réchauffement climatique, préservation de la biodiversité…) et du développement durable8 qui implique la mobilisation de tous les acteurs de la société civile pour répondre aux défis posés à l’humanité toute entière ;

• les remises en cause d’une financiarisation excessive de l’économie qui peut déboucher sur une des plus importantes crises économiques (effet de la crise des « subprimes », …) et qui accompagne le déversement progressif de l’économie domestique dans l’économie marchande…

Il est impossible de savoir ce qui sera le plus déterminant, mais comprendre en continu ce qui se passe, doit rester le guide de notre action commune. C’est le mandat que vous nous avez donné. Notre objectif a été de mettre en œuvre et concrétiser notre ambition pour le projet Fonda, qui fut formalisé dans les orientations adoptées par l’assemblée générale en 20069 et confirmées en 200710. C’est ce que nous avons fait et qui vous est présenté dans le présent rapport d’activité.

C’est ainsi que nous pouvons distinguer quatre pôles d’investissement pour la Fonda en 2007 :
- En premier lieu, nous avons conduit des actions fortes pour susciter du débat public, pour élargir l’audience de la Fonda.
- Nous avons conduit un important travail de réflexion pour donner plus de cohérence et de lisibilité à notre action et définir les bases d’un programme de travail 2008, tout en approfondissant nos analyses et propositions sur de nombreux sujets.
- Au service de cette double ambition, nous avons conduit une importante réflexion sur nos méthodes de travail et les moyens à mobiliser pour favoriser la participation du plus grand nombre à la production de nos actions.

Susciter le débat, pour élargir notre audience

Dans le rapport d’orientations de l’année dernière, nous avions pointé le hiatus pouvant exister entre la qualité de nos productions et leur méconnaissance au-delà d’un petit cercle d’initiés, d’amis et partenaires. C’est pourquoi nous avons eu le souci tout au long de l’année de susciter le plus largement possible des débats sur des sujets de réflexion intéressant au premier chef la vie associative.

Que ce soit en relayant l’avis ou l’opinion de chercheurs, de responsables associatifs ou d’acteurs engagés en faveur de la promotion du fait associatif, en favorisant l’échange et la confrontation d’idées, ou en communiquant le plus largement possible nos propres travaux, notre souci a été d’élargir notre audience, mais aussi de contribuer à l’ouverture du monde associatif à une meilleure prise en compte de transformations sociétales plus larges. Il est certes essentiel, pour le monde associatif, de savoir analyser ses propres forces et faiblesses, de trouver et valoriser l’unité « du projet associatif » derrière la diversité de ses formes , de son objet et de ses manifestations, de conquérir et de défendre la place qui doit lui revenir dans l’espace public… Mais il n’est pas moins important de savoir écouter la variété, les dynamiques de sa transformation et les questions que cela pose aux associations. Bref, il s’agit d’éviter les risques d’un entre soi associatif : pas seulement ce que les associations ont à dire aux associations et à la société, mais aussi peut-être d’abord ce que la société a à dire aux associations.

Le colloque Crise et renouveau du politique

L’action qui mobilisa l’essentiel de nos ressources au début de l’année, fut le colloque des 17 et 18 janvier 2007 : « Crise et renouveau du politique : Quelle contribution des associations ? – Regards croisés d’élus politiques, d’associations et de chercheurs »1. Construites en partenariat avec le Cevipof, ces deux journées d’échanges ont permis de croiser les analyses d’élus politiques nationaux et locaux sur la crise du et de la politique, avec celles de responsables associatifs et de chercheurs de différentes disciplines.

À cette occasion, nous avons commandé un sondage sur l’état de l’opinion des Français vis-à-vis des élus politiques et des associations. Si la cote de confiance des Français envers les associations fut confirmée, un chiffre a retenu notre attention : 58 % des Français font davantage confiance aux associations plutôt qu’aux élus pour proposer des solutions en faveur de l’intérêt général, contrairement à l’idée reçue qui attribue aux politiques la vocation de dégager et porter l’intérêt général et aux associations la mission d’exprimer les demandes « particulières » de la société. Cette simple donnée illustre l’enjeu de la rencontre, qui a mobilisé 270 personnes, dont plus de 70 intervenants au sein de trois tables rondes et six ateliers. La synthèse des échanges a été publiée dans le numéro 187 de La tribune fonda (octobre 2007), qui sera diffusée très largement à 2 500 exemplaires2 aux parlementaires, à des élus locaux et à des responsables associatifs… Le format et la date de la rencontre, l’urgence de sa préparation (en cinq mois) comme le manque de disponibilités financières nous ont sans doute empêchés de mobiliser un public plus large.

Malgré ce manque de moyens, l’impact public a été conséquent, avec une pleine page du premier quotidien national3. Cela a aussi favorisé une meilleure reconnaissance de la part de partenaires qui nous ont apporté un soutien significatif pour les suites de cette rencontre (recherche action « débats locaux » - voir ci-dessous). En ce qui concerne le contenu, nous avons du constater une proximité des points de vue sur le diagnostic de la crise actuelle et de l’urgence d’un renouveau. Mais il est apparu en même temps une réelle difficulté des uns et des autres à imaginer les solutions et les outils pour sortir de cette crise de légitimité et de confiance. L’enjeu territorial s’est révélé aussi comme central.

Le matériel recueilli a constitué une ressource utile pour poursuivre nos travaux, qui devraient déboucher en 2008 sur l’organisation d’une nouvelle journée d’études au Conseil régional d’Ile-de-France. Il a alimenté de nombreuses interventions de la Fonda et prises de parole publique de ses responsables, notamment de Jean-Pierre Worms, comme par exemple lors de la journée de mobilisation de la Cpca, le 19 janvier 2008.

L’économie sociale et solidaire en débats

L’économie sociale constitue un autre champ d’investigation important pour la Fonda. Outre notre travail de recherche action partenariale sur l’attractivité du secteur, conduit avec Chorum et le soutien de la Fondation du Crédit coopératif et les diverses initiatives conduites en partenariat avec la Macif, nous avons veillé à contribuer aux nombreux débats sur l’économie sociale et solidaire et en son sein. C’est ainsi que nous avons ouvert les pages de La tribune fonda aux deux manifestes publiés à la fin de l’année 2006. Nombreux ont été ceux d’entre nous qui ont participé aux échanges autour de ces deux textes. Notre souci a été non pas d’opposer les uns et les autres, mais au contraire d’aider au rapprochement des points de vue et de favoriser les synergies entre des acteurs qui partagent des valeurs communes.

C’est ce souci qui est à l’origine d’actions de notre part pour amener les acteurs à débattre des enjeux les plus importants. Ainsi, le renouvellement des salariés et bénévoles est un enjeu essentiel, et en premier lieu économique. En effet, trouver les moyens d’attirer des personnes motivées et compétentes, notamment des jeunes, constitue un défi stratégique. Pour susciter une prise de conscience et des échanges, nous nous sommes donc particulièrement attachés à diffuser le résultat de nos travaux conduits en partenariat avec Chorum et le soutien de la Fondation du Crédit coopératif, en tout premier lieu par le biais de La tribune fonda4. Avec Chorum, nous avons conduit un cycle de rencontres avec les principales organisations faîtières de l’économie sociale pour présenter les conclusions de nos travaux communs. Nous sommes aussi intervenus conjointement lors du deuxième Forum de l’emploi dans l’économie sociale en octobre. Ces rencontres et échanges ont permis de sensibiliser chacun à ces questions.

Avec l’autorisation de la Macif, nous avons publié une note de problématique sur la question de l’engagement des jeunes dans les entreprises de l’économie sociale, en même temps que les conclusions du comité économie sociale de la Fonda sur un sujet connexe (le renouvellement).

C’est dans la même veine que nous avons présenté devant la commission économie sociale de la Macif et ses représentants dans les Cress, un travail sur l’ancrage territorial de l’économie sociale, qui sera publié dans le numéro 188 de La tribune fonda.

Enfin, en partenariat avec le Ceges, nous avons organisé une table ronde entre Roger Bellot, Gérard Andreck et Jean-Claude Detilleux, respectivement présidents de la Maif, de la Macif et du Crédit coopératif à l’occasion de la publication de l’ouvrage de Virginie Robert L’irrésistible montée de l’économie sociale, éditée chez Autrement. Nous avons sollicité leur point de vue sur leur définition de l’économie sociale, les modes de représentation et les modalités de conjugaison de l’unité et de la diversité du secteur. En ouvrant ce débat, nous souhaitons faciliter le travail engagé pour construire les passerelles permettant de lier plus efficacement les apports des uns et des autres à une forme d’entreprendre marquée par la solidarité et l’entraide mutuelle, mais aussi de nourrir l’innovation des uns par la solidité des autres et vice-versa.

La tribune fonda, une diversité des points de vue

Témoigner de la diversité des initiatives, des analyses et des regards portés sur la vie associative et l’économie sociale, favoriser leurs échanges et leur mise en synergie constituent un des principes d’action de la Fonda. La tribune fonda est l’outil principal de sa mise en œuvre. C’est pour cela que nous avons veillé tout au long de l’année à ouvrir ses pages à l’expression de points de vue sur les sujets traités (Volontariat et service civil5, les adresses de Cafecs et de la Cpca à l’occasion de l’élection présidentielle6, les associations dans un monde en changement pour une réflexion prospective et transversale7, la Vae bénévole7…). Nous avons aussi cherché à donner des éclairages européens sur différentes questions comme par exemple sur l’engagement bénévole en Allemagne ou le rôle de la société civile au Royaume-Uni et en Irlande… Ce travail sera poursuivi en 2008.

Des petits déjeuners en préparation

Ce même souci d’élargissement et d’ouverture a présidé à la décision de mettre en place un cycle de conférences-débats sous forme de petits déjeuners en 2008, en partenariat avec la Maison de l’Europe de Paris. Il s’agit de permettre à des responsables d’associations d’écouter et d’interroger une personnalité, un intellectuel ou un auteur sur les nouveaux enjeux de société. Par l’échange et le débat, il s’agit d’ouvrir des pistes de réflexion et d’aider le monde associatif à comprendre et prendre en compte les défis majeurs que les évolutions sociales lui imposent. Le soin d’organiser ces rencontres a été confié à Pierre Vanlerenberghe.

Renforcer notre prise de parole publique

était notre objectif en 2007. Susciter, animer et alimenter le débat est au cœur du projet d’un laboratoire d’idées tel que veut l’être la Fonda. Les nombreuses sollicitations reçues pour intervenir dans différentes rencontres ou colloques, par exemple celle de Jean-Pierre Worms lors du centenaire de la Cour des comptes, les nombreuses interviews dans différents journaux9 démontrent que le rôle de la Fonda est bien repéré et résonne dans des cercles croissants de l’opinion publique.

Mais ces avancées ne doivent pas néanmoins cacher le fait que les travaux de la Fonda sont encore trop confidentiels. La diffusion de La tribune fonda est réduite à quelques centaines d’exemplaires et l’absence de retours sur son contenu nous laisse penser que son lectorat est encore plus faible. Les efforts pour lancer une collection en partenariat avec le groupe Territorial se sont soldés par un échec, du fait notamment du manque de moyens investis par notre partenaire pour la promotion du premier et sans doute dernier opus, sur l’engagement citoyen (29 exemplaires vendus).

Le site internet de la Fonda reste lui aussi trop confidentiel avec moins de 5 000 connections par mois. L’effort de communication doit être non seulement maintenu, mais considérablement amplifié dans les années qui viennent.

Rendre plus lisible et approfondir la production de la Fonda

Des forums pour définir nos priorités de travail

Dès 2006, un effort avait été engagé pour rendre plus lisible et plus cohérente l’action de la Fonda, répondant ainsi aux commentaires de certains de nos partenaires. En 2007, le rapport d’orientations adopté par l’assemblée générale avait défini les axes de réflexion devant structurer le projet de la Fonda. Trois axes avaient été retenus :
- l’articulation entre l’engagement individuel et la construction de l’action collective ;
- le positionnement des associations dans l’espace public ;
- les associations dans le champ économique. Ce travail s’est engagé avec le souci d’associer davantage de personnes à la construction du projet de la Fonda pour permettre ensuite un meilleur portage politique de l’activité de production. Nous avons donc mis en place un dispositif d’animation très important, tout au long de l’année 2007, qui s’est articulé conformément aux souhaits de l’assemblée générale autour de trois grands thèmes de réflexion. Parallèlement, nous avons approfondi notre action et nos analyses sur de nombreux sujets.

Une phase de recensement

Ainsi, sur chaque axe, un comité de pilotage constitué d’administrateurs1 de la Fonda a été mis en place. Dans un premier temps, ils avaient pour mission de recenser l’ensemble des travaux antérieurs de la Fonda en lien avec le thème. Ce travail a permis de constater la diversité et la richesse des travaux de la Fonda, mais aussi parfois un manque de vision globale et cohérente de ce qui a pu être produit. Par exemple, deux ou trois comités pouvaient traiter de thèmes similaires. Des travaux de recherche partenariaux pouvaient être conduits sans que les membres de la Fonda engagés sur ces sujets soient au courant de leurs objectifs et, le cas échéant, de leurs conclusions. Cette première phase a donc permis de mieux mettre en lien les différentes actions de recherche et de proposition et de mettre en lumière de manière plus précise les enjeux de chaque axe.

Une phase de discernement

Une fois ce recensement approprié, chaque collectif a ensuite travaillé pour identifier dans l’ensemble du travail accompli des lignes de problématiques fortes. Il s’agissait tout particulièrement de mettre en lumière les principaux enjeux, lignes de fractures ou transformations que vivent actuellement les associations ou auxquels elles devront faire face dans les dix prochaines années. C’est ainsi que sur chaque axe une note a été élaborée rappelant les acquis du travail de la Fonda, présentant les données d’une problématique et des premières pistes de travail possible. Ce travail conséquent a eu pour effet non négligeable de renforcer la cohérence et le pilotage politique des travaux traduits dans des textes de problématiques témoignant de la force de l’intelligence collective que représente la Fonda. Ces propositions de texte ont ensuite été soumises pour avis et propositions de modifications à l’ensemble du conseil d’administration.

Une phase de mise en débat

Le résultat de ce travail de discernement a été ensuite diffusé à l’ensemble des membres, amis et partenaires de la Fonda pour susciter une mise en débat. Tous ont été invités à participer à trois forums2 largement ouverts pour enrichir le questionnement sur chaque axe et définir collectivement les thèmes de travail que la Fonda doit retenir prioritairement. Plus de cent personnes ont participé à au moins l’une de ces trois rencontres, dont plus d’un tiers n’étaient pas membres de la Fonda. Cette nouvelle forme de mobilisation et de proposition de travail nous a permis de renouer avec certains membres dont l’éloignement géographique ou l’importance de leur engagement professionnel ne permettaient plus de participer aux travaux d’un comité. Elle a aussi favorisé la rencontre avec une nouvelle génération d’acteurs associatifs pouvant contribuer aux futurs travaux.

Une phase de définition pour 2008

Les conclusions de ces trois rencontres furent particulièrement riches et ont permis au bureau et au conseil d’administration de définir les principaux thèmes de travail pour l’année 2008, qui sont résumés dans le document « Un projet, un programme de travail », joint en annexe. Ce document a servi de base pour une rencontre3 avec l’ensemble des partenaires de la Fonda afin de recueillir leur avis et commentaires. Outre le souci légitime que nous assurions une plus grande diffusion de nos travaux et leur meilleure appropriation au plan local, ils ont témoigné d’un intérêt certain et de leur soutien à cette nouvelle ambition et à sa déclinaison dans les sujets suivants.

Construction du fait associatif : de l’engagement individuel à l’action collective
- « Identité et engagement » : les populations fragiles, en difficulté, objets de discrimination et de marginalisation, peuvent trouver dans l’engagement associatif un milieu d’insertion. Il y faut des conditions, des ouvertures de la part de la société mais aussi du milieu associatif.
- La mise en œuvre de nouvelles formes d’action et d’organisation associatives.
- Spécifier les modalités associatives de la validation des acquis de l’expérience (Vae) bénévole.
- Construire une société civile européenne.
- Lier évaluation et accompagnement des dynamiques associatives.

Associations, acteurs économiques : la valeur économique de la construction associative
- Identifier et valoriser le capital social des associations dans le champ économique.
- Enjeux et méthodes de coopération avec d’autres acteurs socioéconomiques : entreprises, syndicats.
- Préserver les plus-values de l’économie sociale dans le champ concurrentiel.
- Renforcer le développement des associations par la consolidation de leurs fonds propres et la réalisation d’excédents.

Associations, acteurs publics : l’action associative partie prenante et coproductrice de l’espace public
- Construire le lien entre les associations et l’opinion publique.
- Construire et renforcer la légitimité associative dans le champ politique.
- Favoriser l’accès de tous les citoyens à l’espace public.
- Promouvoir une démocratie délibérative.
- Faire reconnaître les associations comme partenaires de la construction européenne.

L’ensemble de ce travail pour redéfinir, sur les bases arrêtées collectivement, un programme de travail a constitué un effort et un investissement conséquent qui permet aujourd’hui de présenter à l’assemblée générale un projet cohérent ayant reçu le soutien de nos partenaires. Mais la capacité à réussir sa mise en œuvre est déterminante. C’est pour cela qu’un travail sur les méthodes de travail et de pilotage politique du projet Fonda a été accompli parallèlement.

L’approfondissement des travaux antérieurs

Concomitamment, la réflexion s’est poursuivie sur de nombreux sujets. Par le travail de comités, des recherches-actions, le recueil de témoignages et de contributions, les questionnements sur l’engagement et la place des associations dans la vie associative ont fait l’objet d’approfondissements. Vous en trouverez un rapide compte-rendu synthétique ci-dessous, organisé selon les trois champs d’intervention retenus pour la Fonda par l’assemblée générale de l’an dernier.

Engagement individuel et action collective

Le travail sur cet axe s’est poursuivi en 2007 dans la continuité de ceux engagés précédemment. C’est ainsi qu’un travail d’auditions et de problématisation sur le lien existant entre l’engagement et les phénomènes identitaires a été conduit. Il s’agit notamment de mieux analyser comment les populations fragiles, en difficulté, peuvent trouver dans l’engagement associatif un milieu d’insertion. Pour y arriver, il faut des conditions, des ouvertures de la part de la société mais aussi du milieu associatif. L’objectif est de comprendre ce qui se joue quant à la capacité de vivre ensemble, par l’appartenance à des associations qui affirment une forte identité commune, liée notamment à l’origine de leurs membres. Ce cycle de rencontres a permis de définir les bases d’une problématique qui seront mises en discussion, lors d’un séminaire programmé le 24 mai 2008. Alors qu’aujourd’hui, il y a des rumeurs de remises en cause du service civil volontaire, il faut rappeler le travail produit par la Fonda pour identifier des points de repères et ouvrir le débat sur cette forme d’engagement spécifique, paru dans La tribune fonda n° 182 au début de l’année 2007. En ce qui concerne la validation des acquis de l’expérience bénévole, suite au colloque de la fin de l’année 2006 organisé par la Fonda Rhône-Alpes et aux deux études sur ce sujet des Fonda Rhône-Alpes et Sud-Ouest, l’objectif était de valoriser les acquis en la matière. C’est pour cela que le dossier de La tribune fonda n° 184 a été entièrement consacré à ce sujet. Un « repère associatif » devait être réalisé sur ce sujet. En 2008, nous poursuivrons néanmoins notre effort de valorisation des travaux sur ce sujet, grâce à la réalisation d’un dossier dans la revue Juris Association auquel la Fonda contribuera largement.

Nous avons continué ou conclu différents travaux de recherche initiés en 2006. Ainsi, nous avons valorisé le travail coproduit avec les Fonda Rhône-Alpes et Sud-Ouest sur les groupes informels (publié dans La tribune fonda n° 186). Une nouvelle recherche action a été développée en partenariat avec trois associations du Nord-Est parisien4 portant sur les projets « hors normes ». Cette action expérimentale visait à identifier le développement de la capacité d’associations de proximité du 18e et du 19e arrondissement de Paris pour articuler :
- l’émergence et la prise en compte d’attentes et de besoins non-satisfaits ou « hors normes » qui émanent d’habitants ou de groupes oubliés ou exclus et donc, peu ou prou, hors des circuits institutionnels ;
- la mobilisation efficace de ressources et de financements publics qui ne sont pas d’emblée attribués à ce type de population ou de demandes.

L’expérimentation a permis de vérifier la pertinence pour leur quartier de ces équipements ou espaces associatifs. Les résultats de ces travaux donneront lieu à l’organisation d’une publication dans La tribune fonda et d’une journée d’études courant 2008.

Pour le compte de la Cpca, la Fonda a réalisé une étude participative sur l’enjeu de l’accompagnement associatif dont les conclusions seront prochainement publiées. Nous avons aussi engagé un travail de recherche avec France Initiative5 sur le bénévolat économique, dans la perspective de leur université du mois de mai 2008.

Associations, acteurs économiques La réflexion sur l’économie sociale et les conditions à mettre en œuvre pour favoriser la mutualisation des ressources a été poursuivie tout au long de l’année. Nous avons aussi publié différents travaux réalisés sur les enjeux du renouvellement et notamment les conclusions du comité économie sociale et une note réalisée dans le cadre du partenariat avec la Macif. Nous pouvons aussi citer les travaux conduits en partenariat avec Chorum, avec le soutien de la Fondation du Crédit coopératif sur l’attractivité de l’économie sociale et les moyens de la renforcer, dont les conclusions ont été diffusées très largement et sont téléchargeables sur les sites de Chorum et de la Fonda. Ce travail devrait donner lieu à une nouvelle recherche-action.

Dans le cadre de notre partenariat avec la Macif, nous avons conduit un travail sur les liens entre l’économie sociale et les territoires, publié dans le numéro 188 de La tribune fonda. En 2008, le thème de travail commun avec la Macif portera sur « la diversité en économie sociale ».

Le travail sur les enjeux et méthodes de collaboration avec d’autres acteurs sociaux (syndicats, entreprises) s’est poursuivi, cette année. Sur les relations entre associations et entreprises, le travail sur la problématique s’est poursuivi permettant d’envisager, au cours de l’année 2008, la possibilité d’organiser un cycle de rencontres et éventuellement un séminaire d’échanges avec les représentants des entreprises. En ce qui concerne la coopération entre les syndicats et les associations, l’année 2007 a été consacrée à l’analyse d’expériences locales de coopération entre associations et organisations syndicales de salariés. L’ensemble des données recueillies devaient servir de base à l’organisation d’un nouveau séminaire d’échanges et de travail, dont l’organisation a pris plus de temps que prévu, compte tenu de l’agenda social particulièrement chargé de la fin 2007. Dès lors, c’est sans doute en 2008 que cette rencontre se fera, notamment sur le thème des coopérations possibles sur les services aux personnes.

Enfin, nous devons évoquer l’important travail de valorisation du séminaire de fin 2006 sur « les associations dans un monde en changement » dont la préparation a été porté par le comité Dispositifs de soutien à la vie associative. Les conclusions de ce séminaire ont été publiées dans le numéro 183 de La tribune fonda. Elles ont largement alimenté le travail de réflexion sur le programme de travail 2008, évoqué ci-dessus et présenté ci-dessous.

Associations, acteurs publics

Le travail de la Fonda sur ce champ a été largement dominé, en 2007, par l’organisation du colloque Crise et Renouveau du politique : quelle contribution des associations ?, présenté ci-dessus et ses suites. La transcription de l’intégralité des échanges a été mise en ligne sur le site internet de la Fonda. La synthèse du colloque a été publiée dans le numéro 187 de La tribune fonda.

À partir de l’évaluation des résultats du colloque, le groupe de travail a proposé de lancer une recherche-action intitulée dix débats locaux en Ile-de-France. L’objectif de ces débats est de construire un regard croisé sur les principaux enjeux des relations entre élus et associations, de sensibiliser davantage les associations et les élus aux spécificités de leur intervention respective dans l’espace public et aux enjeux démocratiques de leur collaboration, et ainsi de proposer des pistes d’amélioration de ces relations.

Les premières expériences ont permis de valider les éléments de méthodologie et de constater l’attente réciproque des élus et des associations. Des propositions originales et innovantes ont aussi été formulées. Cette action se poursuivra tout au long de l’année 2008. Elle donnera lieu à l’organisation d’une journée d’études à la fin de l’année 2008.

Nous pouvons aussi rappeler notre implication dans la recherche « Picri » (Partenariats institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation) intitulée « Pratiques des associations et politiques publiques en Île-de-France ». La recherche, conduite en partenariat avec le laboratoire pour la sociologie économique (Lise) du Cnam, est menée sur les liens entre les associations et les politique publiques sur quatre territoires. L’étude a pour ambition d’analyser les formes et les motivations de l’engagement des citoyens dans les associations. Pourquoi et comment des citoyens décident de créer des associations d’aide aux devoirs, d’insertion par l’activité économique, etc. ? Quels rapports les associations entretiennent-elles avec les interlocuteurs publics, mairies, départements, régions, administrations nationales ? Comment les associations voient-elles leur intervention en lien avec les politiques sociales ? Comment analysent-elles leur fonctionnement, leur financement, la mobilisation des habitants ?

L’originalité de la démarche repose, outre les habituelles méthodes d’enquêtes, sur la conduite collective de bout en bout de la recherche par des associatifs et des chercheurs, sur les temps de mise en commun des expériences et des observations des uns et des autres. Cette recherche est inspirée des théories du « capital social ». Cette notion désigne les réseaux sociaux et les valeurs de référence qui caractérisent les groupes sociaux. Le capital social, c’est ce qui « colle » ensemble les différents membres des groupes sociaux, ce qui facilite les relations sociales, crée la confiance, permet d’agir ensemble. La richesse en capital social repose en grande partie sur l’importance de la vie associative. Il constitue un élément important de la réussite des politiques publiques. La Fonda a aussi travaillé en collaboration avec le Réseau national des maisons des associations sur l’observation de la vie associative au plan local, enjeu essentiel pour mieux mettre en lumière sa contribution au développement et à la cohésion sociale sur les territoires.

Ce tour d’horizon du travail d’approfondissement ne serait pas complet si nous n’évoquions pas l’engagement européen de la Fonda à travers le Cafecs et le Cedag. Le premier a formulé une adresse pour l’élection présidentielle (La tribune fonda n° 183). Il s’est aussi mobilisé avec la Maison de l’Europe pour favoriser le dialogue entre les différents mouvements dont l’objet principal est la promotion du projet européen. Il s’est aussi fortement impliqué dans les premiers états généraux de l’Europe à Lille. Il sera présent lors de la deuxième édition, à Lyon, le 21 juin 2008. Pour sa part le Cedag a poursuivi son action pour promouvoir la participation des associations aux politiques européennes. Il s’est aussi mobilisé sur le dossier des services sociaux d’intérêt général.

Permettre une production collaborative et participative

L’ensemble de l’activité présentée a permis de définir un programme de travail structuré. Pour le mettre en œuvre, le conseil d’administration et le bureau de l’association ont élaboré un nouveau mode de gouvernance pour coproduire les travaux. Ils ont mobilisé sur chaque thème un référent bénévole responsable pour préciser les objectifs de travail, mobiliser adhérents et partenaires et définir une méthodologie pour réaliser les objectifs de travail. L’élaboration de cette nouvelle organisation a mobilisé l’ensemble des instances en 2007. Les objectifs poursuivis étaient les suivants :

schéma manquant

Une structure de travail pour 2008

Un tableau présente les référents bénévoles de chaque axe de travail, ainsi que les personnes qui se sont déjà manifestées pour apporter une contribution sur ce sujet. Une note de problématique qui sera diffusée sur le site de la Fonda détaillera les différentes actions envisagées sur chaque axe.

Axe 1. Construction du fait associatif : de l’engagement individuel à l’action collective Thèmes
- Identité et engagement.
- La mise en œuvre des nouvelles formes d’action et d’organisation associatives.
- Spécifier les modalités associatives de la validation des acquis de l’expérience bénévole (Vae).
- Lier évaluation et accompagnement des dynamiques associatives.

Axe 2. Associations, acteurs économiques : la valeur économique de la construction associative Thèmes
- Identifier et valoriser le capital social des associations dans le champ économique.
- Enjeux et méthodes de coopération avec d’autres acteurs socio-économiques : entreprises, syndicats.
- Préserver les plus-values de l’économie sociale dans le champ concurrentiel.
- Renforcer le développement des associations par la consolidation de leurs fonds propres et la réalisation d’excédents.

Axe 3. Associations, acteurs publics : l’action associative partie prenante et coproductrice de l’espace public Thèmes
- Construire le lien entre les associations et l’opinion publique.
- Construire et renforcer la légitimité associative dans le champ politique.
- Favoriser l’accès de tous les citoyens à l’espace public.
- Promouvoir une démocratie délibérative.

Sur le thème de l’Europe, un travail spécifique a été engagé pour définir plus précisément les objectifs de travail et la contribution de la Fonda. Près d’une dizaine de personnes ont manifesté leur intérêt pour travailler sur ce sujet, en plus de celles participant déjà régulièrement aux travaux du Cafecs (Carrefour pour une Europe civique et sociale).

Divers investissements possibles La Fonda et ses membres se sont fortement mobilisés pour développer son sociétariat en 2007, qui a pratiquement doublé en 2007. Un des enjeux de l’année 2008 sera de susciter leur investissement et de favoriser leur mobilisation sur un ou plusieurs sujets de recherche ou de travail de la Fonda. C’est pour cela qu’un travail a été engagé, qui se poursuivra dans les prochaines années, pour offrir la possibilité à toute personne intéressée d’apporter sa pierre au collectif de réflexion et de proposition qu’est la Fonda et ceci quelle que soit sa disponibilité ou le lieu où elle vit et travaille. C’est dans cette optique que des premières expérimentations de travail collaboratif par le biais d’Internet ont été réalisées, sans grand succès encore, et que les pages de La tribune fonda ont été plus largement ouvertes à des contributions individuelles soit sous forme d’articles, soit sous forme d’interviews. Les formes d’investissement ont continué à se diversifier selon le schéma ci-dessous qui a été diffusé à l’occasion des forums.

Une évolution du modèle économique, de production et de gouvernance

L’engagement de la Fonda pour mettre en œuvre des modes de production plus participatifs l’a conduite à rechercher aussi un nouveau modèle de financement cohérent avec son projet. Il s’agit d’assurer l’indépendance de la Fonda, notamment en diminuant la part des financements publics dans son budget global et en cherchant à les diversifier. Mais l’objectif est aussi de trouver les moyens de renforcer son action et sa capacité de recherche. 2007 a permis d’explorer différentes hypothèses, d’en valider certaines et d’en abandonner d’autres. La stratégie de développement prévoyait trois pistes pour valoriser le projet de la Fonda et mobiliser de nouvelles ressources financières.

- Les publications : outre le développement du nombre d’abonnés de La tribune fonda, il était prévu d’éditer une série d’ouvrages. Les actions engagées montrent toute la difficulté de ces opérations et la quasi-impossibilité de trouver par le biais de publications un moyen de financer les travaux de la Fonda. Mais, il est essentiel de conserver ces outils afin d’assurer la diffusion des analyses et propositions produites. Il convient néanmoins de les rénover pour pouvoir prendre en compte l’évolution des technologies de l’information et de la communication et la plus grande accessibilité, via Internet, à des informations qui jusque là occupaient une large part des pages de La tribune fonda.

- La formation : développer la formation en valorisant les travaux de la Fonda était aussi une piste explorée au cours de l’année 2007. Mais, les expériences engagées ont montré la difficulté de mobiliser des ressources bénévoles pour répondre à des « commandes » et développer de manière pérenne un volume d’actions de formation suffisamment important pour constituer une source de financement intéressante. Développer cette approche impliquerait un investissement conséquent.

- Le financement de recherches-actions partenariales : il s’agit de la voie la plus intéressante. Elle consiste à coproduire avec des partenaires publics et/ou privés des travaux de recherche sur des sujets d’intérêts communs. L’initiative peut venir soit du partenaire cherchant auprès de la Fonda une compétence et une capacité de distanciation unique, soit de la Fonda qui a pu identifier dans ses travaux des sujets méritant un approfondissement particulier. En 2007, ce volet de notre action s’est fortement renforcé (voir ci-dessus le descriptif des actions) et a permis de montrer qu’il n’est pas uniquement une source de financement, mais est aussi un moyen d’enrichir, avec des partenaires, les réflexions et les travaux sur différents thèmes. Il semble néanmoins nécessaire de renforcer le pilotage politique de ces recherches par les responsables bénévoles de la Fonda.

Le modèle économique à développer apparaît plus clairement. Sa mise en œuvre nécessite néanmoins la possibilité pour la Fonda de renforcer ses fonds propres. Le bureau a plus particulièrement travaillé sur la possibilité pour l’association de solliciter de la part de partenaires de l’économie sociale une donation temporaire d’usufruit, consistant à céder à la Fonda pour une durée déterminée le revenu d’un placement financier (par exemple en obligation du trésor). L’intérêt pour le donateur est d’aider ainsi au financement d’une structure associative, sans risque en termes de capital, tout en bénéficiant d’une déduction fiscale sur le revenu dégagé au profit de l’association.

La Fonda bénéficierait ainsi d’une ressource nouvelle de financement lui permettant de réaliser les investissements indispensables à l’accompagnement de la transformation qu’elle a engagée. La condition nécessaire pour mettre en œuvre ce projet est l’obtention de la reconnaissance d’utilité publique. Outre l’intérêt économique de cette opération, il faut aussi considérer l’enjeu symbolique que représente pour le projet de la Fonda le fait d’obtenir la Rup. C’est pour cela que des nouveaux statuts ont été proposés et adoptés, lors d’une assemblée générale extraordinaire le 20 octobre 2007.

Ils induisent des modifications importantes dans le gouvernement de la Fonda et imposent notamment un rétrécissement du conseil d’administration et du bureau. Ce fut donc l’occasion de redéfinir les rôles de chaque instance.

Un ancrage territorial du projet de la Fonda Avant de rendre compte de la mission d’action régionale de la Fonda, dans un contexte de refondation des axes et des méthodes de travail de la Fonda, il importe de rappeler les deux principes qui guident le comité de coordination de l’action régionale et le chargé de mission dans leurs efforts pour articuler les évolutions à l’œuvre au plan national et en région : – l’activité des Fonda régionales (quatre associations et cinq groupes) n’est, en aucune façon, la déclinaison d’un dispositif parisien : chaque Fonda formalise son projet, sa vision stratégique et ses travaux à partir des préoccupations de ses membres et du contexte local et régional ; – depuis 2004, les relations entre les Fonda sont balisées par une charte de l’action régionale. Sur la base d’une vision partagée des enjeux associatifs actuels, il s’agit de construire des productions collectives entre les Fonda. Notre modèle est bien celui d’une coopération entre elles.

L’implication des Fonda régionales dans la démarche de refondation

Les Fonda régionales ont été invitées à participer à la démarche de refondation initiée, puis mise en œuvre par la Fonda, depuis deux ans. Elles appelaient d’ailleurs de leurs vœux cette évolution des formes de travail et ce recentrage des thématiques. à l’automne 2007, une dizaine de membres de quatre Fonda régionales ont participé à l’un ou l’autre des trois forums. Les Fonda régionales se retrouvent dans le programme de travail arrêté et discuté ensemble. Il reste maintenant à identifier, région par région : – quels travaux partager (groupe de réflexion, recherche, expérimentation…) ? – quels transferts encourager (ex. : débats locaux en Île-de-France) ? – quels outils de coproduction développer (écrit certes, mais aussi Internet) ?

Le comité de coordination de l’action régionale, espace de concertation Le comité de coordination de l’action régionale est l’espace d’information et de concertation qui permet de rapprocher et d’articuler les préoccupations et les projets des Fonda. Trois des quatre associations régionales Fonda et un seul des cinq groupes régionaux Fonda ont participé régulièrement aux quatre dernières réunions. Trois groupes régionaux ont participé à une des quatre réunions. Il faut prendre acte, qu’outre Fonda Paca, les groupes Fonda régionaux n’arrivent pas à être régulièrement représentés dans cette instance de travail.

Constatant que la majeure partie du temps de réunions est consacrée à l’échange d’informations entre les Fonda, l’objectif reste d’utiliser d’autres vecteurs pour cet échange et d’utiliser la réunion pour une véritable concertation et une production entre Fonda. à cet égard, le comité s’est accordé sur une approche de ce qu’il a appelé la « ressource Fonda », comme espace de réflexion original et spécifique offert à l’environnement associatif et institutionnel, mais aussi possibilité d’un appui plus politique que technique, en cohérence avec le projet stratégique des Fonda.

Quelques outils de mutualisation des ressources

Sachant enfin que les Fonda reposent sur des petits groupes de responsables associatifs dont la disponibilité est comptée, vu leurs autres engagements bénévoles et salariés, elles sont contraintes de se doter d’outils pour économiser leurs énergies, mutualiser leurs ressources, soutenir leurs efforts de communication et d’animation. Des outils communs pourraient être envisagés : – un document et un site qui présentent clairement la « ressource Fonda » ; – une liste nationale d’experts et d’intervenants, incluant universitaires et chercheurs ; – un florilège de documents communs et un index d’articles de La tribune fonda ; – une circulation horizontale d’informations entre les Fonda.

Dans le cadre de notre partenariat avec la Macif, nous avons conduit un travail sur les liens entre l’économie sociale et les territoires, publié dans le numéro 188 de La tribune fonda. En 2008, le thème de travail commun avec la Macif portera sur « la diversité en économie sociale ».

Le travail sur les enjeux et méthodes de collaboration avec d’autres acteurs sociaux (syndicats, entreprises) s’est poursuivi, cette année. Sur les relations entre associations et entreprises, le travail sur la problématique s’est poursuivi permettant d’envisager, au cours de l’année 2008, la possibilité d’organiser un cycle de rencontres et éventuellement un séminaire d’échanges avec les représentants des entreprises. En ce qui concerne la coopération entre les syndicats et les associations, l’année 2007 a été consacrée à l’analyse d’expériences locales de coopération entre associations et organisations syndicales de salariés. L’ensemble des données recueillies devaient servir de base à l’organisation d’un nouveau séminaire d’échanges et de travail, dont l’organisation a pris plus de temps que prévu, compte tenu de l’agenda social particulièrement chargé de la fin 2007. Dès lors, c’est sans doute en 2008 que cette rencontre se fera, notamment sur le thème des coopérations possibles sur les services aux personnes.

Enfin, nous devons évoquer l’important travail de valorisation du séminaire de fin 2006 sur « les associations dans un monde en changement » dont la préparation a été porté par le comité Dispositifs de soutien à la vie associative. Les conclusions de ce séminaire ont été publiées dans le numéro 183 de La tribune fonda. Elles ont largement alimenté le travail de réflexion sur le programme de travail 2008, évoqué ci-dessus et présenté ci-dessous.

Associations, acteurs publics

Le travail de la Fonda sur ce champ a été largement dominé, en 2007, par l’organisation du colloque Crise et Renouveau du politique : quelle contribution des associations ?, présenté ci-dessus et ses suites. La transcription de l’intégralité des échanges a été mise en ligne sur le site internet de la Fonda. La synthèse du colloque a été publiée dans le numéro 187 de La tribune fonda.

À partir de l’évaluation des résultats du colloque, le groupe de travail a proposé de lancer une recherche-action intitulée dix débats locaux en Ile-de-France. L’objectif de ces débats est de construire un regard croisé sur les principaux enjeux des relations entre élus et associations, de sensibiliser davantage les associations et les élus aux spécificités de leur intervention respective dans l’espace public et aux enjeux démocratiques de leur collaboration, et ainsi de proposer des pistes d’amélioration de ces relations.

Les premières expériences ont permis de valider les éléments de méthodologie et de constater l’attente réciproque des élus et des associations. Des propositions originales et innovantes ont aussi été formulées. Cette action se poursuivra tout au long de l’année 2008. Elle donnera lieu à l’organisation d’une journée d’études à la fin de l’année 2008.

Nous pouvons aussi rappeler notre implication dans la recherche « Picri » (Partenariats institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation) intitulée « Pratiques des associations et politiques publiques en Île-de-France ». La recherche, conduite en partenariat avec le laboratoire pour la sociologie économique (Lise) du Cnam, est menée sur les liens entre les associations et les politique publiques sur quatre territoires. L’étude a pour ambition d’analyser les formes et les motivations de l’engagement des citoyens dans les associations. Pourquoi et comment des citoyens décident de créer des associations d’aide aux devoirs, d’insertion par l’activité économique, etc. ? Quels rapports les associations entretiennent-elles avec les interlocuteurs publics, mairies, départements, régions, administrations nationales ? Comment les associations voient-elles leur intervention en lien avec les politiques sociales ? Comment analysent-elles leur fonctionnement, leur financement, la mobilisation des habitants ?

L’originalité de la démarche repose, outre les habituelles méthodes d’enquêtes, sur la conduite collective de bout en bout de la recherche par des associatifs et des chercheurs, sur les temps de mise en commun des expériences et des observations des uns et des autres. Cette recherche est inspirée des théories du « capital social ». Cette notion désigne les réseaux sociaux et les valeurs de référence qui caractérisent les groupes sociaux. Le capital social, c’est ce qui « colle » ensemble les différents membres des groupes sociaux, ce qui facilite les relations sociales, crée la confiance, permet d’agir ensemble. La richesse en capital social repose en grande partie sur l’importance de la vie associative. Il constitue un élément important de la réussite des politiques publiques. La Fonda a aussi travaillé en collaboration avec le Réseau national des maisons des associations sur l’observation de la vie associative au plan local, enjeu essentiel pour mieux mettre en lumière sa contribution au développement et à la cohésion sociale sur les territoires.

Ce tour d’horizon du travail d’approfondissement ne serait pas complet si nous n’évoquions pas l’engagement européen de la Fonda à travers le Cafecs et le Cedag. Le premier a formulé une adresse pour l’élection présidentielle (La tribune fonda n° 183). Il s’est aussi mobilisé avec la Maison de l’Europe pour favoriser le dialogue entre les différents mouvements dont l’objet principal est la promotion du projet européen. Il s’est aussi fortement impliqué dans les premiers états généraux de l’Europe à Lille. Il sera présent lors de la deuxième édition, à Lyon, le 21 juin 2008. Pour sa part le Cedag a poursuivi son action pour promouvoir la participation des associations aux politiques européennes. Il s’est aussi mobilisé sur le dossier des services sociaux d’intérêt général.

Permettre une production collaborative et participative

L’ensemble de l’activité présentée a permis de définir un programme de travail structuré. Pour le mettre en œuvre, le conseil d’administration et le bureau de l’association ont élaboré un nouveau mode de gouvernance pour coproduire les travaux. Ils ont mobilisé sur chaque thème un référent bénévole responsable pour préciser les objectifs de travail, mobiliser adhérents et partenaires et définir une méthodologie pour réaliser les objectifs de travail. L’élaboration de cette nouvelle organisation a mobilisé l’ensemble des instances en 2007. Les objectifs poursuivis étaient les suivants :

schéma manquant

Une structure de travail pour 2008

Un tableau présente les référents bénévoles de chaque axe de travail, ainsi que les personnes qui se sont déjà manifestées pour apporter une contribution sur ce sujet. Une note de problématique qui sera diffusée sur le site de la Fonda détaillera les différentes actions envisagées sur chaque axe.

Axe 1. Construction du fait associatif : de l’engagement individuel à l’action collective Thèmes
- Identité et engagement.
- La mise en œuvre des nouvelles formes d’action et d’organisation associatives.
- Spécifier les modalités associatives de la validation des acquis de l’expérience bénévole (Vae).
- Lier évaluation et accompagnement des dynamiques associatives.

Axe 2. Associations, acteurs économiques : la valeur économique de la construction associative Thèmes
- Identifier et valoriser le capital social des associations dans le champ économique.
- Enjeux et méthodes de coopération avec d’autres acteurs socio-économiques : entreprises, syndicats.
- Préserver les plus-values de l’économie sociale dans le champ concurrentiel.
- Renforcer le développement des associations par la consolidation de leurs fonds propres et la réalisation d’excédents.

Axe 3. Associations, acteurs publics : l’action associative partie prenante et coproductrice de l’espace public Thèmes
- Construire le lien entre les associations et l’opinion publique.
- Construire et renforcer la légitimité associative dans le champ politique.
- Favoriser l’accès de tous les citoyens à l’espace public.
- Promouvoir une démocratie délibérative.

Sur le thème de l’Europe, un travail spécifique a été engagé pour définir plus précisément les objectifs de travail et la contribution de la Fonda. Près d’une dizaine de personnes ont manifesté leur intérêt pour travailler sur ce sujet, en plus de celles participant déjà régulièrement aux travaux du Cafecs (Carrefour pour une Europe civique et sociale).

Divers investissements possibles La Fonda et ses membres se sont fortement mobilisés pour développer son sociétariat en 2007, qui a pratiquement doublé en 2007. Un des enjeux de l’année 2008 sera de susciter leur investissement et de favoriser leur mobilisation sur un ou plusieurs sujets de recherche ou de travail de la Fonda. C’est pour cela qu’un travail a été engagé, qui se poursuivra dans les prochaines années, pour offrir la possibilité à toute personne intéressée d’apporter sa pierre au collectif de réflexion et de proposition qu’est la Fonda et ceci quelle que soit sa disponibilité ou le lieu où elle vit et travaille. C’est dans cette optique que des premières expérimentations de travail collaboratif par le biais d’Internet ont été réalisées, sans grand succès encore, et que les pages de La tribune fonda ont été plus largement ouvertes à des contributions individuelles soit sous forme d’articles, soit sous forme d’interviews. Les formes d’investissement ont continué à se diversifier selon le schéma ci-dessous qui a été diffusé à l’occasion des forums.

schéma via ppoint CB (contribution aux travaux)

Une évolution du modèle économique, de production et de gouvernance

L’engagement de la Fonda pour mettre en œuvre des modes de production plus participatifs l’a conduite à rechercher aussi un nouveau modèle de financement cohérent avec son projet. Il s’agit d’assurer l’indépendance de la Fonda, notamment en diminuant la part des financements publics dans son budget global et en cherchant à les diversifier. Mais l’objectif est aussi de trouver les moyens de renforcer son action et sa capacité de recherche. 2007 a permis d’explorer différentes hypothèses, d’en valider certaines et d’en abandonner d’autres. La stratégie de développement prévoyait trois pistes pour valoriser le projet de la Fonda et mobiliser de nouvelles ressources financières.

- Les publications : outre le développement du nombre d’abonnés de La tribune fonda, il était prévu d’éditer une série d’ouvrages. Les actions engagées montrent toute la difficulté de ces opérations et la quasi-impossibilité de trouver par le biais de publications un moyen de financer les travaux de la Fonda. Mais, il est essentiel de conserver ces outils afin d’assurer la diffusion des analyses et propositions produites. Il convient néanmoins de les rénover pour pouvoir prendre en compte l’évolution des technologies de l’information et de la communication et la plus grande accessibilité, via Internet, à des informations qui jusque là occupaient une large part des pages de La tribune fonda.

- La formation : développer la formation en valorisant les travaux de la Fonda était aussi une piste explorée au cours de l’année 2007. Mais, les expériences engagées ont montré la difficulté de mobiliser des ressources bénévoles pour répondre à des « commandes » et développer de manière pérenne un volume d’actions de formation suffisamment important pour constituer une source de financement intéressante. Développer cette approche impliquerait un investissement conséquent.

- Le financement de recherches-actions partenariales : il s’agit de la voie la plus intéressante. Elle consiste à coproduire avec des partenaires publics et/ou privés des travaux de recherche sur des sujets d’intérêts communs. L’initiative peut venir soit du partenaire cherchant auprès de la Fonda une compétence et une capacité de distanciation unique, soit de la Fonda qui a pu identifier dans ses travaux des sujets méritant un approfondissement particulier. En 2007, ce volet de notre action s’est fortement renforcé (voir ci-dessus le descriptif des actions) et a permis de montrer qu’il n’est pas uniquement une source de financement, mais est aussi un moyen d’enrichir, avec des partenaires, les réflexions et les travaux sur différents thèmes. Il semble néanmoins nécessaire de renforcer le pilotage politique de ces recherches par les responsables bénévoles de la Fonda.

Le modèle économique à développer apparaît plus clairement. Sa mise en œuvre nécessite néanmoins la possibilité pour la Fonda de renforcer ses fonds propres. Le bureau a plus particulièrement travaillé sur la possibilité pour l’association de solliciter de la part de partenaires de l’économie sociale une donation temporaire d’usufruit, consistant à céder à la Fonda pour une durée déterminée le revenu d’un placement financier (par exemple en obligation du trésor). L’intérêt pour le donateur est d’aider ainsi au financement d’une structure associative, sans risque en termes de capital, tout en bénéficiant d’une déduction fiscale sur le revenu dégagé au profit de l’association.

La Fonda bénéficierait ainsi d’une ressource nouvelle de financement lui permettant de réaliser les investissements indispensables à l’accompagnement de la transformation qu’elle a engagée. La condition nécessaire pour mettre en œuvre ce projet est l’obtention de la reconnaissance d’utilité publique. Outre l’intérêt économique de cette opération, il faut aussi considérer l’enjeu symbolique que représente pour le projet de la Fonda le fait d’obtenir la Rup. C’est pour cela que des nouveaux statuts ont été proposés et adoptés, lors d’une assemblée générale extraordinaire le 20 octobre 2007.

Ils induisent des modifications importantes dans le gouvernement de la Fonda et imposent notamment un rétrécissement du conseil d’administration et du bureau. Ce fut donc l’occasion de redéfinir les rôles de chaque instance.

Un ancrage territorial du projet de la Fonda Avant de rendre compte de la mission d’action régionale de la Fonda, dans un contexte de refondation des axes et des méthodes de travail de la Fonda, il importe de rappeler les deux principes qui guident le comité de coordination de l’action régionale et le chargé de mission dans leurs efforts pour articuler les évolutions à l’œuvre au plan national et en région : – l’activité des Fonda régionales (quatre associations et cinq groupes) n’est, en aucune façon, la déclinaison d’un dispositif parisien : chaque Fonda formalise son projet, sa vision stratégique et ses travaux à partir des préoccupations de ses membres et du contexte local et régional ; – depuis 2004, les relations entre les Fonda sont balisées par une charte de l’action régionale. Sur la base d’une vision partagée des enjeux associatifs actuels, il s’agit de construire des productions collectives entre les Fonda. Notre modèle est bien celui d’une coopération entre elles.

L’implication des Fonda régionales dans la démarche de refondation

Les Fonda régionales ont été invitées à participer à la démarche de refondation initiée, puis mise en œuvre par la Fonda, depuis deux ans. Elles appelaient d’ailleurs de leurs vœux cette évolution des formes de travail et ce recentrage des thématiques. à l’automne 2007, une dizaine de membres de quatre Fonda régionales ont participé à l’un ou l’autre des trois forums. Les Fonda régionales se retrouvent dans le programme de travail arrêté et discuté ensemble. Il reste maintenant à identifier, région par région : – quels travaux partager (groupe de réflexion, recherche, expérimentation…) ? – quels transferts encourager (ex. : débats locaux en Île-de-France) ? – quels outils de coproduction développer (écrit certes, mais aussi Internet) ?

Le comité de coordination de l’action régionale, espace de concertation Le comité de coordination de l’action régionale est l’espace d’information et de concertation qui permet de rapprocher et d’articuler les préoccupations et les projets des Fonda. Trois des quatre associations régionales Fonda et un seul des cinq groupes régionaux Fonda ont participé régulièrement aux quatre dernières réunions. Trois groupes régionaux ont participé à une des quatre réunions. Il faut prendre acte, qu’outre Fonda Paca, les groupes Fonda régionaux n’arrivent pas à être régulièrement représentés dans cette instance de travail.

Constatant que la majeure partie du temps de réunions est consacrée à l’échange d’informations entre les Fonda, l’objectif reste d’utiliser d’autres vecteurs pour cet échange et d’utiliser la réunion pour une véritable concertation et une production entre Fonda. à cet égard, le comité s’est accordé sur une approche de ce qu’il a appelé la « ressource Fonda », comme espace de réflexion original et spécifique offert à l’environnement associatif et institutionnel, mais aussi possibilité d’un appui plus politique que technique, en cohérence avec le projet stratégique des Fonda.

Quelques outils de mutualisation des ressources

Sachant enfin que les Fonda reposent sur des petits groupes de responsables associatifs dont la disponibilité est comptée, vu leurs autres engagements bénévoles et salariés, elles sont contraintes de se doter d’outils pour économiser leurs énergies, mutualiser leurs ressources, soutenir leurs efforts de communication et d’animation. Des outils communs pourraient être envisagés : – un document et un site qui présentent clairement la « ressource Fonda » ; – une liste nationale d’experts et d’intervenants, incluant universitaires et chercheurs ; – un florilège de documents communs et un index d’articles de La tribune fonda ; – une circulation horizontale d’informations entre les Fonda.

Dans le cadre de notre partenariat avec la Macif, nous avons conduit un travail sur les liens entre l’économie sociale et les territoires, publié dans le numéro 188 de La tribune fonda. En 2008, le thème de travail commun avec la Macif portera sur « la diversité en économie sociale ».

Le travail sur les enjeux et méthodes de collaboration avec d’autres acteurs sociaux (syndicats, entreprises) s’est poursuivi, cette année. Sur les relations entre associations et entreprises, le travail sur la problématique s’est poursuivi permettant d’envisager, au cours de l’année 2008, la possibilité d’organiser un cycle de rencontres et éventuellement un séminaire d’échanges avec les représentants des entreprises. En ce qui concerne la coopération entre les syndicats et les associations, l’année 2007 a été consacrée à l’analyse d’expériences locales de coopération entre associations et organisations syndicales de salariés. L’ensemble des données recueillies devaient servir de base à l’organisation d’un nouveau séminaire d’échanges et de travail, dont l’organisation a pris plus de temps que prévu, compte tenu de l’agenda social particulièrement chargé de la fin 2007. Dès lors, c’est sans doute en 2008 que cette rencontre se fera, notamment sur le thème des coopérations possibles sur les services aux personnes.

Enfin, nous devons évoquer l’important travail de valorisation du séminaire de fin 2006 sur « les associations dans un monde en changement » dont la préparation a été porté par le comité Dispositifs de soutien à la vie associative. Les conclusions de ce séminaire ont été publiées dans le numéro 183 de La tribune fonda. Elles ont largement alimenté le travail de réflexion sur le programme de travail 2008, évoqué ci-dessus et présenté ci-dessous.

Associations, acteurs publics

Le travail de la Fonda sur ce champ a été largement dominé, en 2007, par l’organisation du colloque Crise et Renouveau du politique : quelle contribution des associations ?, présenté ci-dessus et ses suites. La transcription de l’intégralité des échanges a été mise en ligne sur le site internet de la Fonda. La synthèse du colloque a été publiée dans le numéro 187 de La tribune fonda.

À partir de l’évaluation des résultats du colloque, le groupe de travail a proposé de lancer une recherche-action intitulée dix débats locaux en Ile-de-France. L’objectif de ces débats est de construire un regard croisé sur les principaux enjeux des relations entre élus et associations, de sensibiliser davantage les associations et les élus aux spécificités de leur intervention respective dans l’espace public et aux enjeux démocratiques de leur collaboration, et ainsi de proposer des pistes d’amélioration de ces relations.

Les premières expériences ont permis de valider les éléments de méthodologie et de constater l’attente réciproque des élus et des associations. Des propositions originales et innovantes ont aussi été formulées. Cette action se poursuivra tout au long de l’année 2008. Elle donnera lieu à l’organisation d’une journée d’études à la fin de l’année 2008.

Nous pouvons aussi rappeler notre implication dans la recherche « Picri » (Partenariats institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation) intitulée « Pratiques des associations et politiques publiques en Île-de-France ». La recherche, conduite en partenariat avec le laboratoire pour la sociologie économique (Lise) du Cnam, est menée sur les liens entre les associations et les politique publiques sur quatre territoires. L’étude a pour ambition d’analyser les formes et les motivations de l’engagement des citoyens dans les associations. Pourquoi et comment des citoyens décident de créer des associations d’aide aux devoirs, d’insertion par l’activité économique, etc. ? Quels rapports les associations entretiennent-elles avec les interlocuteurs publics, mairies, départements, régions, administrations nationales ? Comment les associations voient-elles leur intervention en lien avec les politiques sociales ? Comment analysent-elles leur fonctionnement, leur financement, la mobilisation des habitants ?

L’originalité de la démarche repose, outre les habituelles méthodes d’enquêtes, sur la conduite collective de bout en bout de la recherche par des associatifs et des chercheurs, sur les temps de mise en commun des expériences et des observations des uns et des autres. Cette recherche est inspirée des théories du « capital social ». Cette notion désigne les réseaux sociaux et les valeurs de référence qui caractérisent les groupes sociaux. Le capital social, c’est ce qui « colle » ensemble les différents membres des groupes sociaux, ce qui facilite les relations sociales, crée la confiance, permet d’agir ensemble. La richesse en capital social repose en grande partie sur l’importance de la vie associative. Il constitue un élément important de la réussite des politiques publiques. La Fonda a aussi travaillé en collaboration avec le Réseau national des maisons des associations sur l’observation de la vie associative au plan local, enjeu essentiel pour mieux mettre en lumière sa contribution au développement et à la cohésion sociale sur les territoires.

Ce tour d’horizon du travail d’approfondissement ne serait pas complet si nous n’évoquions pas l’engagement européen de la Fonda à travers le Cafecs et le Cedag. Le premier a formulé une adresse pour l’élection présidentielle (La tribune fonda n° 183). Il s’est aussi mobilisé avec la Maison de l’Europe pour favoriser le dialogue entre les différents mouvements dont l’objet principal est la promotion du projet européen. Il s’est aussi fortement impliqué dans les premiers états généraux de l’Europe à Lille. Il sera présent lors de la deuxième édition, à Lyon, le 21 juin 2008. Pour sa part le Cedag a poursuivi son action pour promouvoir la participation des associations aux politiques européennes. Il s’est aussi mobilisé sur le dossier des services sociaux d’intérêt général.

Permettre une production collaborative et participative

L’ensemble de l’activité présentée a permis de définir un programme de travail structuré. Pour le mettre en œuvre, le conseil d’administration et le bureau de l’association ont élaboré un nouveau mode de gouvernance pour coproduire les travaux. Ils ont mobilisé sur chaque thème un référent bénévole responsable pour préciser les objectifs de travail, mobiliser adhérents et partenaires et définir une méthodologie pour réaliser les objectifs de travail. L’élaboration de cette nouvelle organisation a mobilisé l’ensemble des instances en 2007. Les objectifs poursuivis étaient les suivants :

schéma manquant

Une structure de travail pour 2008

Un tableau présente les référents bénévoles de chaque axe de travail, ainsi que les personnes qui se sont déjà manifestées pour apporter une contribution sur ce sujet. Une note de problématique qui sera diffusée sur le site de la Fonda détaillera les différentes actions envisagées sur chaque axe.

Axe 1. Construction du fait associatif : de l’engagement individuel à l’action collective Thèmes
- Identité et engagement.
- La mise en œuvre des nouvelles formes d’action et d’organisation associatives.
- Spécifier les modalités associatives de la validation des acquis de l’expérience bénévole (Vae).
- Lier évaluation et accompagnement des dynamiques associatives.

Axe 2. Associations, acteurs économiques : la valeur économique de la construction associative Thèmes
- Identifier et valoriser le capital social des associations dans le champ économique.
- Enjeux et méthodes de coopération avec d’autres acteurs socio-économiques : entreprises, syndicats.
- Préserver les plus-values de l’économie sociale dans le champ concurrentiel.
- Renforcer le développement des associations par la consolidation de leurs fonds propres et la réalisation d’excédents.

Axe 3. Associations, acteurs publics : l’action associative partie prenante et coproductrice de l’espace public Thèmes
- Construire le lien entre les associations et l’opinion publique.
- Construire et renforcer la légitimité associative dans le champ politique.
- Favoriser l’accès de tous les citoyens à l’espace public.
- Promouvoir une démocratie délibérative.

Sur le thème de l’Europe, un travail spécifique a été engagé pour définir plus précisément les objectifs de travail et la contribution de la Fonda. Près d’une dizaine de personnes ont manifesté leur intérêt pour travailler sur ce sujet, en plus de celles participant déjà régulièrement aux travaux du Cafecs (Carrefour pour une Europe civique et sociale).

Divers investissements possibles La Fonda et ses membres se sont fortement mobilisés pour développer son sociétariat en 2007, qui a pratiquement doublé en 2007. Un des enjeux de l’année 2008 sera de susciter leur investissement et de favoriser leur mobilisation sur un ou plusieurs sujets de recherche ou de travail de la Fonda. C’est pour cela qu’un travail a été engagé, qui se poursuivra dans les prochaines années, pour offrir la possibilité à toute personne intéressée d’apporter sa pierre au collectif de réflexion et de proposition qu’est la Fonda et ceci quelle que soit sa disponibilité ou le lieu où elle vit et travaille. C’est dans cette optique que des premières expérimentations de travail collaboratif par le biais d’Internet ont été réalisées, sans grand succès encore, et que les pages de La tribune fonda ont été plus largement ouvertes à des contributions individuelles soit sous forme d’articles, soit sous forme d’interviews. Les formes d’investissement ont continué à se diversifier selon le schéma ci-dessous qui a été diffusé à l’occasion des forums.

schéma via ppoint CB (contribution aux travaux)

Une évolution du modèle économique, de production et de gouvernance

L’engagement de la Fonda pour mettre en œuvre des modes de production plus participatifs l’a conduite à rechercher aussi un nouveau modèle de financement cohérent avec son projet. Il s’agit d’assurer l’indépendance de la Fonda, notamment en diminuant la part des financements publics dans son budget global et en cherchant à les diversifier. Mais l’objectif est aussi de trouver les moyens de renforcer son action et sa capacité de recherche. 2007 a permis d’explorer différentes hypothèses, d’en valider certaines et d’en abandonner d’autres. La stratégie de développement prévoyait trois pistes pour valoriser le projet de la Fonda et mobiliser de nouvelles ressources financières.

- Les publications : outre le développement du nombre d’abonnés de La tribune fonda, il était prévu d’éditer une série d’ouvrages. Les actions engagées montrent toute la difficulté de ces opérations et la quasi-impossibilité de trouver par le biais de publications un moyen de financer les travaux de la Fonda. Mais, il est essentiel de conserver ces outils afin d’assurer la diffusion des analyses et propositions produites. Il convient néanmoins de les rénover pour pouvoir prendre en compte l’évolution des technologies de l’information et de la communication et la plus grande accessibilité, via Internet, à des informations qui jusque là occupaient une large part des pages de La tribune fonda.

- La formation : développer la formation en valorisant les travaux de la Fonda était aussi une piste explorée au cours de l’année 2007. Mais, les expériences engagées ont montré la difficulté de mobiliser des ressources bénévoles pour répondre à des « commandes » et développer de manière pérenne un volume d’actions de formation suffisamment important pour constituer une source de financement intéressante. Développer cette approche impliquerait un investissement conséquent.

- Le financement de recherches-actions partenariales : il s’agit de la voie la plus intéressante. Elle consiste à coproduire avec des partenaires publics et/ou privés des travaux de recherche sur des sujets d’intérêts communs. L’initiative peut venir soit du partenaire cherchant auprès de la Fonda une compétence et une capacité de distanciation unique, soit de la Fonda qui a pu identifier dans ses travaux des sujets méritant un approfondissement particulier. En 2007, ce volet de notre action s’est fortement renforcé (voir ci-dessus le descriptif des actions) et a permis de montrer qu’il n’est pas uniquement une source de financement, mais est aussi un moyen d’enrichir, avec des partenaires, les réflexions et les travaux sur différents thèmes. Il semble néanmoins nécessaire de renforcer le pilotage politique de ces recherches par les responsables bénévoles de la Fonda.

Le modèle économique à développer apparaît plus clairement. Sa mise en œuvre nécessite néanmoins la possibilité pour la Fonda de renforcer ses fonds propres. Le bureau a plus particulièrement travaillé sur la possibilité pour l’association de solliciter de la part de partenaires de l’économie sociale une donation temporaire d’usufruit, consistant à céder à la Fonda pour une durée déterminée le revenu d’un placement financier (par exemple en obligation du trésor). L’intérêt pour le donateur est d’aider ainsi au financement d’une structure associative, sans risque en termes de capital, tout en bénéficiant d’une déduction fiscale sur le revenu dégagé au profit de l’association.

La Fonda bénéficierait ainsi d’une ressource nouvelle de financement lui permettant de réaliser les investissements indispensables à l’accompagnement de la transformation qu’elle a engagée. La condition nécessaire pour mettre en œuvre ce projet est l’obtention de la reconnaissance d’utilité publique. Outre l’intérêt économique de cette opération, il faut aussi considérer l’enjeu symbolique que représente pour le projet de la Fonda le fait d’obtenir la Rup. C’est pour cela que des nouveaux statuts ont été proposés et adoptés, lors d’une assemblée générale extraordinaire le 20 octobre 2007.

Ils induisent des modifications importantes dans le gouvernement de la Fonda et imposent notamment un rétrécissement du conseil d’administration et du bureau. Ce fut donc l’occasion de redéfinir les rôles de chaque instance.

Un ancrage territorial du projet de la Fonda Avant de rendre compte de la mission d’action régionale de la Fonda, dans un contexte de refondation des axes et des méthodes de travail de la Fonda, il importe de rappeler les deux principes qui guident le comité de coordination de l’action régionale et le chargé de mission dans leurs efforts pour articuler les évolutions à l’œuvre au plan national et en région : – l’activité des Fonda régionales (quatre associations et cinq groupes) n’est, en aucune façon, la déclinaison d’un dispositif parisien : chaque Fonda formalise son projet, sa vision stratégique et ses travaux à partir des préoccupations de ses membres et du contexte local et régional ; – depuis 2004, les relations entre les Fonda sont balisées par une charte de l’action régionale. Sur la base d’une vision partagée des enjeux associatifs actuels, il s’agit de construire des productions collectives entre les Fonda. Notre modèle est bien celui d’une coopération entre elles.

L’implication des Fonda régionales dans la démarche de refondation

Les Fonda régionales ont été invitées à participer à la démarche de refondation initiée, puis mise en œuvre par la Fonda, depuis deux ans. Elles appelaient d’ailleurs de leurs vœux cette évolution des formes de travail et ce recentrage des thématiques. à l’automne 2007, une dizaine de membres de quatre Fonda régionales ont participé à l’un ou l’autre des trois forums. Les Fonda régionales se retrouvent dans le programme de travail arrêté et discuté ensemble. Il reste maintenant à identifier, région par région : – quels travaux partager (groupe de réflexion, recherche, expérimentation…) ? – quels transferts encourager (ex. : débats locaux en Île-de-France) ? – quels outils de coproduction développer (écrit certes, mais aussi Internet) ?

Le comité de coordination de l’action régionale, espace de concertation Le comité de coordination de l’action régionale est l’espace d’information et de concertation qui permet de rapprocher et d’articuler les préoccupations et les projets des Fonda. Trois des quatre associations régionales Fonda et un seul des cinq groupes régionaux Fonda ont participé régulièrement aux quatre dernières réunions. Trois groupes régionaux ont participé à une des quatre réunions. Il faut prendre acte, qu’outre Fonda Paca, les groupes Fonda régionaux n’arrivent pas à être régulièrement représentés dans cette instance de travail.

Constatant que la majeure partie du temps de réunions est consacrée à l’échange d’informations entre les Fonda, l’objectif reste d’utiliser d’autres vecteurs pour cet échange et d’utiliser la réunion pour une véritable concertation et une production entre Fonda. à cet égard, le comité s’est accordé sur une approche de ce qu’il a appelé la « ressource Fonda », comme espace de réflexion original et spécifique offert à l’environnement associatif et institutionnel, mais aussi possibilité d’un appui plus politique que technique, en cohérence avec le projet stratégique des Fonda.

Quelques outils de mutualisation des ressources

Sachant enfin que les Fonda reposent sur des petits groupes de responsables associatifs dont la disponibilité est comptée, vu leurs autres engagements bénévoles et salariés, elles sont contraintes de se doter d’outils pour économiser leurs énergies, mutualiser leurs ressources, soutenir leurs efforts de communication et d’animation. Des outils communs pourraient être envisagés : – un document et un site qui présentent clairement la « ressource Fonda » ; – une liste nationale d’experts et d’intervenants, incluant universitaires et chercheurs ; – un florilège de documents communs et un index d’articles de La tribune fonda ; – une circulation horizontale d’informations entre les Fonda.

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Documents joints


Rapport d’activités 2007
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